Une équipe internationale de chercheurs a fait un pas prometteur vers la prévention et le traitement de la maladie de Parkinson et d'autres maladies neurodégénératives apparentées, en mettant au point un vaccin expérimental capable de retarder considérablement l'apparition des symptômes chez des modèles animaux (des souris reproduisant partiellement la maladie humaine), ainsi que d'améliorer leur mobilité et d'augmenter leur survie jusqu'à 42 %. Publiée dans la revue scientifique Brain, cette étude ouvre donc la voie à de nouvelles stratégies pour lutter contre ces maladies avant qu'elles ne causent des dommages irréversibles au cerveau.
Quelles sont les causes de la maladie de Parkinson ?
La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative progressive associée à l'accumulation anormale d'une protéine appelée α-synucléine. Chez les personnes en bonne santé, cette protéine remplit des fonctions nécessaires dans les neurones. Cependant, avec l'âge ou en raison de facteurs génétiques, elle peut commencer à se replier de manière incorrecte, c'est-à-dire changer sa structure tridimensionnelle, se regroupant en structures toxiques (appelées fibrilles amyloïdes) qui se multiplient et se dispersent dans le système nerveux, endommageant les neurones et provoquant des troubles moteurs et cognitifs.
Cependant, malgré la connaissance des causes de cette maladie et d'autres pathologies similaires (telles que la démence à corps de Lewy ou l'atrophie multisystémique), il n'existe toujours pas de remède et les traitements disponibles ne font que soulager les symptômes, sans pour autant enrayer la progression de la maladie.
Une idée innovante : une « copie » pour entraîner les défenses
L'un des principaux obstacles au traitement de la maladie de Parkinson réside dans le fait que l'α-synucléine est une protéine propre à l'organisme. Par conséquent, le système immunitaire ne l'identifie pas comme une menace, même lorsqu'elle prend sa forme toxique, ce qui a longtemps compliqué le développement de vaccins, qui reposent précisément sur l'entraînement du système immunitaire à reconnaître ce qui est étranger ou inconnu à l'organisme.
Pour résoudre ce problème, les chercheurs ont utilisé une protéine inoffensive provenant d'un champignon (appelée HET-s) comme « squelette » pour concevoir des fibrilles artificielles qui imitent la forme tridimensionnelle des fibrilles toxiques générées par l'α-synucléine au cours de la maladie de Parkinson. En introduisant ces « copies » (hybrides composés d'une partie de protéine fongique et de sections spécifiques de l'α-synucléine) dans l'organisme, le système immunitaire apprend à reconnaître et à attaquer spécifiquement ces formes toxiques, générant des anticorps spécifiques qui n'interfèrent pas avec la protéine saine.
Résultats encourageants chez les souris
Le vaccin a été testé sur des souris génétiquement modifiées développant une maladie similaire à la maladie de Parkinson chez l'homme. Après la vaccination, les animaux ont été exposés à des fibrilles toxiques d'α-synucléine afin de déclencher la maladie. Les résultats obtenus ont été très intéressants, car ils ont démontré :
- Augmentation de la survie : les souris vaccinées ont vécu jusqu'à 42 % plus longtemps que les souris non vaccinées après avoir été exposées à la maladie.
- Protection contre la détérioration motrice et neurologique : les animaux vaccinés ont mieux conservé leur force musculaire et leur mobilité et n'ont pas souffert de la perte de poids caractéristique de la progression de la maladie de Parkinson.
- Efficacité chez l'homme : les anticorps générés par les souris vaccinées ont été capables de reconnaître et de se lier aux protéines toxiques présentes dans des échantillons de cerveaux de patients humains atteints de la maladie de Parkinson et de pathologies associées, ce qui indique que cette stratégie pourrait être transposable à l'homme.
Vers un avenir sans Parkinson ?
Bien que cette recherche en soit encore à ses débuts, les résultats suggèrent qu'un vaccin de ce type pourrait être utilisé à l'avenir à titre préventif, en particulier chez les personnes présentant un risque élevé de développer la maladie de Parkinson, comme celles qui présentent des mutations génétiques ou des troubles du sommeil précédant la maladie.
Selon les auteurs, si le vaccin était aussi efficace chez l'homme et s'il était administré à un stade très précoce de la maladie, il pourrait retarder l'apparition de la maladie de Parkinson de 65 à 92 ans. Étant donné que l'espérance de vie moyenne est généralement plus faible, cela pourrait signifier l'éradication pratique de certains types de Parkinson.
Il est toutefois important de souligner que ces résultats ont été obtenus uniquement chez l'animal. D'autres études sont encore nécessaires pour confirmer la sécurité, la durée de la protection et l'efficacité chez l'homme. Il faudra également déterminer à quel moment il serait le plus approprié d'administrer le vaccin et s'il pourrait être utile une fois que la maladie a déjà commencé et qu'il y a des lésions neuronales importantes.
Néanmoins, ces travaux constituent une avancée importante dans la lutte contre la maladie de Parkinson et démontrent que « s'attaquer » aux protéines mal repliées ou toxiques à l'aide de vaccins pourrait être une stratégie prometteuse, non seulement pour cette maladie, mais aussi pour d'autres pathologies neurodégénératives telles que la maladie d'Alzheimer ou le diabète de type II.
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